Notre Histoire

 Le Dispensaire Français et la Société de Bienfaisance, dans la lignée d’une tradition caritative française à Londres

20150202144800Les Français ont toujours été nombreux à Londres et plus particulièrement, lorsqu’une crise politique ou religieuse en France les poussait à s’exiler.

Dès le 16e siècle, avec l’arrivée des Huguenots, des réseaux d’entraide dans la communauté française se mettent en place pour assister les plus démunis d’entre eux. L’aide est alors dispensée essentiellement par les églises françaises soutenues par les paroissiens les plus affluents mais ils fondent aussi un hôpital « La Providence » en 1718 qui existe encore sous la forme d’une maison de retraite pour descendants de Huguenots à Rochester dans le Kent.

Par la suite, chaque vague de réfugiés français – notamment pendant la Révolution Française et au cours du 19e siècle ou pendant la Seconde Guerre Mondiale avec la France Libre – bénéficie des structures caritatives mises en place par leurs prédécesseurs. Des initiatives privées tentent de combler les manques et dans l’urgence des besoins, le gouvernement britannique intervient à chaque fois et souvent très généreusement.

La Société Française de Bienfaisance et le Dispensaire Français ont été fondés au 19e siècle.  Dans ce siècle si instable, à chaque révolution qui secoue régulièrement la France, de nombreux réfugiés français déferlent à Londres : royalistes, républicains, bonapartistes, communards, anarchistes… Ils arrivent dans un contexte difficile car la révolution industrielle a provoqué une grande pauvreté au bas de l’échelle sociale et la plupart d’entre eux vivent alors dans une grande détresse.

20150202144628Des résidents français devenus londoniens s’apitoient sur leur sort comme, par exemple, le chef Alexis Soyer qui met en place des soupes populaires à Spitalfields, quartier occupé par des tisserands d’origine huguenote. Ceux-ci survivent difficilement à l’avènement de la mécanisation de leur matériel ce qui entraîne un chômage chronique.

Il y a aussi le comte d’Orsay, dandy excentrique et coqueluche de la haute société anglaise. Il n’en est pas moins généreux et crée en 1842, la Société Française de Bienfaisance pour distribuer de l’aide matérielle et financière. Les premiers membres de son comité sont des notables français de l’époque résidant à Londres comme l’ambassadeur de France, le comte de Walewski, ou un médecin, descendant de réfugiés français pendant la Révolution Française qui s’était établi à Londres, le docteur de la Bélinaye, ou encore un membre de la famille Grillon qui avait très bien réussi à Londres dans l’hôtellerie.

En 1867, mesure plus officielle celle-là, un hôpital français, plus tard doublé d’un dispensaire, ouvre ses portes dans Shaftesbury Avenue à Soho pour offrir un service médical. Cet ensemble avait aussi une maison de convalescence à Brighton. Le financement est mis en place sous la forme de souscriptions très nombreuses qui proviennent aussi bien du domaine privé que public, français, anglais ou même étranger(s). La reine Victoria en est la première présidente et le patronage royal ne se démentira jamais. Les médecins, anglais et francophones, travaillent bénévolement. En 1910, l’hôpital comptait soixante lits, une salle d’opération, deux médecins en résidence et toute une pléiade de médecins spécialistes. En 1879, l’actrice Sarah Bernhardt sera soignée à l’Hôpital Français souffrant d’épuisement après avoir joué au théâtre Gaiety la première de « Phèdre » de Racine. Elle rejouera « Phèdre » au théâtre Coliseum lors d’une soirée de gala au profit de l’Hôpital en 1913.

20150202145307Cent ans plus tard, face à de grosses difficultés financières, l’hôpital est vendu au ministère de la santé britannique et la maison de convalescence, transformée en maison de retraite, ferme à son tour en 1999. Seul, le Dispensaire continue sa mission auprès des Francophones, toujours sous la présidence d’un membre de la famille royale britannique, la duchesse de Cornouailles. Installé quelques années dans le quartier de Marylebone, il est maintenant établi à Hammersmith depuis 2005.

Ces deux organismes, la Société Française de Bienfaisance et le Dispensaire Français, ont toujours fonctionné en parallèle et ont survécu jusqu’à nos jours tout en traversant des moments de crise toujours surmontés par la bonne volonté de leurs personnels et de leurs généreux donateurs. Leurs vocations se complètent et par souci d’économie et d’efficacité, ils ont réuni en 2014 leur savoir-faire et leurs ressources avec une administration commune. En ce début de siècle, la nouvelle vague de Français quittant la France pour Londres tout comme ceux établis depuis longtemps peuvent donc compter en cas de besoin sur une aide appréciée par des milliers avant eux.